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Surmenage, stress, fatigue professionnelle : comment se protéger ?

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Début Janvier, l’heure est aux bonnes résolutions, je vous propose celle de prendre soin de vous, apprendre à vous protéger du stress et du surmenage pour mieux gérer votre énergie et ne pas risquer l’épuisement professionnel.

Un parcours de coaching en 5 points pour mettre en place les protections nécessaires afin de ne pas souffrir du travail tout en étant engagé dans son métier.5items stress

1. Reconnaître ses épreuves

Le monde de l’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille. C’est un monde pour le moins exigeant voir dans certains cas très dur ; l’entreprise est chargée de paradoxes et d’incohérences, un continent dans lequel on peut facilement perdre le nord…

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La première étape consiste à reconnaître toutes ces difficultés, ces dysfonctionnements, ces injustices mêmes, vécues dans le cadre de l’entreprise. On peut être un collaborateur ou un manager engagé et loyal et en même temps constater et souffrir au quotidien d’un certain nombre de (dys)fonctionnements.

L’important à cette étape est de pouvoir exprimer son ressenti, libérer sa parole, s’autoriser à exprimer tous ces jugements négatifs et ces sources de stress et de souffrance, dans le but 1) de vider son sac et lever le voile sur un ressenti qui s’il est étouffé peut prendre toute la place et 2) identifier ce qui pour soi sont les principales sources de stress.

Attention : cette expression doit se faire dans un cadre sécurisé, c’est à dire en toute confidentialité avec son coach, ou à défaut avec une personne de confiance qui sera capable d’écouter sans juger, en dehors du cadre de l’entreprise.

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2. Lâcher prise et trouver ses marges de manœuvre

«Que la force me soit donnée d’accepter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l’être et la sagesse de distinguer l’un de l’autre.» – Marc Aurèle.

Une grande partie du sentiment de stress et de souffrance au travail vient du fait que, d’une part, nous nous heurtons sans cesse à des difficultés que nous n’acceptons pas mais ne pouvons changer, et d’autre part, avons le sentiment de ne plus avoir de prise sur notre fonction.

Pour se protéger de ces sources de stress et de souffrance, il est crucial de faire la part des choses entre « ce sur quoi je ne peux pas agir » et « ce sur quoi je peux et veux avoir un impact ».

Ainsi, le lâcher-prise n’est pas synonyme de désengagement mais un réflexe sain et constructif d’acceptation de ce qu’on ne peut pas changer. L’énergie que l’on va dépenser à ruminer et lutter contre des paramètres sur lesquels nous n’avons aucune prise a un coût énorme sur notre motivation, notre sérénité et bien-être au travail. On n’est bien sûr pas toujours en capacité d’avoir cette sagesse, mais tendre vers ce lâcher-prise est un axe clé d’équilibre.

Pour maintenir engagement et motivation dans son travail, le lâcher-prise doit s’accompagner d’une véritable définition et appropriation de ses marges de manœuvre.

Il ne suffit pas de se donner comme devoir une « exécution simple de sa tâche », il s’agit de la ré-enchanter.

«  Sur quoi je peux et veux avoir un impact ? Quelles sont mes grandes ambitions dans ce travail ? Quel sens je donne à mon travail ? Qu’est ce que je décide et je refuse ? »

L’exercice consiste à élaborer un sens, des objectifs, des ambitions qui soient à la fois inspirants pour soi et réalisables dans le champ de contraintes de l’entreprise.

Cette appropriation vous permet également d’orienter vos actions pour tenter de faire évoluer votre fonction dans un sens qui correspond davantage à votre vision et vos aspirations.

Enfin, en pilotant sur ces deux axes – lâcher prise et trouver ses marges de manœuvre – on possède quelques repères et leviers supplémentaires pour apprendre à dire non.

3. Etre soi, en accord avec ses valeurs

Etre soi – Il est impossible de porter en permanence un masque dans son travail sans en souffrir. Bien sûr, notre fonction peut exiger d’endosser un costume, une posture, un discours qui soient adaptés. On peut devoir forcer sa nature, accentuer tel ou tel trait de personnalité, développer telle ou telle compétence. On est par définition obligé de se soumettre à un certain nombre de règles et de cadres.

Mais au centre de tout cela, il est vital d’avoir le sentiment de pouvoir être soi, exprimer son authenticité, son style, sa personnalité. C’est aussi une manière de ré-enchanter sa fonction.

« Quel genre de manager/professionnel je suis et je veux être ? Un professionnel qui privilégie telle ou telle approche, qui possède telles et telles convictions et aspirations. Dans mon métier, j’aime à exprimer telle part de ma personnalité. Je veille à apporter ceci. Etc… »

Cette mise en conscience permet de se respecter, de s’accepter et donc de s’imposer tel que l’on est.

Vivre en accord avec ses valeurs – Plus on est en capacité de respecter nos valeurs dans le cadre de notre travail, plus celui-ci sera épanouissant et plus il nous sera facile d’en supporter les contraintes et les challenges. Les identifier c’est déjà travailler à mieux les respecter.

Ces valeurs peuvent se connecter à la raison d’être de l’entreprise, à son secteur d’activité, ou bien à son mode de fonctionnement, à ses principes de travail, ou encore à son propre rôle, à ce qu’on a l’opportunité d’apporter et de réaliser dans le cadre de sa fonction. On peut ne pas être en adéquation parfaite avec toutes les valeurs véhiculées par l’entreprise mais que l’alignement soit suffisant sur certaines dimensions clés pour s’épanouir.

« Quelles sont mes valeurs ? Comment s’expriment-elles dans le cadre de ce travail et cette entreprise ? Certaines de mes valeurs sont-elles heurtées dans mon travail? A quel moment ? Qu’est-ce qui dans mon job, mon entreprise nourrit mes valeurs, qu’est-ce qui les affame ? « 

4. Tête, cœur, corps : je prends soin de moi

Le stress apparait lorsque le niveau de contraintes et demandes est supérieur au niveau de ressources. Plus le déséquilibre est important et permanent plus le niveau de stress augmente et s’accumule.

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Au nombre des ressources, on compte l’ensemble des ressources directement liées au travail (autonomie, moyens, temps, support hiérarchique, guide, sens, plaisir, etc…), on peut aussi compter sur l’ensemble de ses ressources personnelles pour nous aider à faire face aux exigences et contraintes.

Faites le point de vos ressources sur les trois dimensions « tête-cœur-corps », à la fois dans le travail et hors du travail.

« Ce que je fais déjà et que je peux accentuer. Ce que je pourrais commencer. Ce que je devrais arrêter ou limiter »

Tête – dimension intellectuelle, curiosité, développement

« Suis-je assez nourri dans ce besoin ? A quel moment j’apprends ? Aies-je le sentiment de me développer ? Qu’est-ce qui me nourrit dans cette dimension ? Que puis-je entreprendre pour mieux la satisfaire ? »

Coeur – dimension affective, plaisir

« Où et comment je prends du plaisir ? Quelles sont les relations qui me soutiennent et me font du bien? Quelles sont les situations et les relations que je peux multiplier qui m’apportent davantage de plaisir et de lien ? »

Corps – sommeil, alimentation, activité physique

A ne pas négliger lorsqu’on est soumis à un fort niveau de stress, entretenir sa forme physique et son hygiène de vie peut avoir un impact tout à fait significatif sur son niveau d’énergie, sa capacité de concentration et de clairvoyance, son endurance et son humeur. Dans cette catégorie, d’autres pratiques peuvent être très vertueuses telles que méditation, massages …

5. (Re)placer le travail dans sa vie

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Dans les marges de manœuvre qui nous appartiennent à l’échelle individuelle dans notre rapport au travail, il y a la place que l’on donne au travail dans sa vie, et le sentiment d’équilibre et d’alignement que l’on en tire.

Utilisons la colonne vertébrale du sens (Vincent Lenhardt) comme outil de diagnostic pour distinguer les différentes strates qui composent nos vies, de la plus opérationnelle à la plus existentielle en distinguant l’important de l’essentiel.

L’exercice de réflexion consiste à prendre du recul sur les différentes dimensions et s’interroger pour influer sur notre ressenti, orienter nos décisions et actions.`

colonne vertébrale

  • Aies-je le sentiment que ces différents niveaux ont chacun leur place ? Sont-ils bien équilibrés ?
  • Y a t-il des parties hypertrophiées et d’autres atrophiées ?
  • Est-ce que je me sens aligné(e) à tous les niveaux ? Ou est-ce que je ressens une distorsion à un niveau, des contradictions, des tensions ?
  • Aies-je le sentiment de donner sa juste place à l’essentiel dans ma vie ?
  • En quoi le domaine professionnel satisfait-il et permet-il mes aspirations dans le domaine essentiel? En quoi les empêche-t-il ?
  • Etc …

Répondre à ces questions vous aidera à prendre du recul sur la dimension professionnelle de votre vie afin de replacer le travail à sa juste place, et trouver des ressources et sources d’équilibre dans toutes les composantes de sa vie.

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Dans cet article, nous avons parcouru les leviers individuels que chacun peut actionner pour se protéger.

Le coach est l’acteur privilégié pour vous accompagner dans ce travail, en vous offrant un espace sécurisé d’expression, de réflexion et de liberté.

Il ne s’agit pas d’une recette magique, certains axes de travail peuvent s’avérer difficile à mettre en œuvre, le sentiment de surcharge de travail et de perte de contrôle peuvent être tels, qu’on ne trouve plus ni ressources, ni marge de manœuvre.

Lorsqu’on a agit sur tous les leviers, lorsque les contraintes et les difficultés ont pris le dessus sur les aspirations, qu’on a le sentiment de ne plus pouvoir être soi-même, d’être en rupture avec ses valeurs, de ressentir des distorsions majeures « dans sa colonne vertébrale » ; lorsqu’on n’arrive plus à puiser dans nos ressources, alors il faut faire le point sur sa situation professionnelle et envisager le cas échéant une réorientation, en prenant son temps, et en mettant en place toutes les protections nécessaires. Il est recommandé de se faire accompagner.

 

Dans un prochain article, nous regarderons les leviers collectifs que l’entreprise peut  mettre en place pour prendre soin de ses collaborateurs.

 

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